Les tapis au Maroc sont culture, tradition. Ils font partie du quotidien.
LE RÔLE DU TAPIS AU MAROC
Au Maroc, les tapis ne sont pas seulement un élément décoratif, ils jouent un rôle important. Les maisons en sont remplies : salons, chambres. On vit beaucoup au sol et ces tapis servent d’isolant, de siège, de canapé et même de lit.
Les tapis nous transmettent également des informations :
– Selon le matériau : laine, coton, chutes…
– Selon le type de tapis : beni ourain, boucherouite, hanbel, azilal…
– Selon les motifs ou symboles présents, nous pouvons savoir d’où vient le tapis et à quelle tribu il appartient.

LES ARTISANES
La tradition du tissage sur ces métiers à tisser traditionnels amazigh est transmise de génération en génération, de mère en fille. C’est un art, un métier féminin, qui, ces dernières années, comme la plupart des techniques artisanales traditionnelles, tend à disparaître. Cependant, c’est une pratique profondément ancrée dans la culture, et elle est toujours pratiquée, surtout dans les zones rurales, dans la plupart des cas sans but commercial.

Cependant, ces dernières années, le tapis amazigh a acquis une renommée internationale, ce qui a entraîné diverses situations :
– L’appropriation culturelle par de grandes entreprises: Ces entreprises copient l’esthétique et les designs traditionnels amazigh, les fabriquent de manière industrielle et les vendent sous des étiquettes comme « ethnique », « boho » ou « berbère ». Elles banalisent la profonde signification et l’histoire de cet artisanat, en se profitant de l’invisibilisation de cette culture et de ces artisanes.
– L’essor des touristes venant au Maroc pour acheter ces tapis: Cela a conduit de nombreuses femmes à se consacrer professionnellement à la fabrication de tapis pour les vendre ensuite. Le problème réside dans le fait que, dans la grande majorité des cas, ce sont les propriétaires de grandes boutiques dans les zones touristiques qui en profitent, tandis que ces artisanes sont payées à des prix dérisoires.
– Heureusement, bien que minoritaires, il existe aussi des femmes, individuellement ou collectivement, qui créent des projets où elles fixent leurs prix et ont transformé cette pratique traditionnelle en un travail digne.
TYPES DE TAPIS
Il existe différentes manières de tisser, selon le matériau, le type de tapis que l’on souhaite réaliser et l’usage prévu. On utilise une ou plusieurs techniques en fonction du cas.
Au Maroc, il existe également plusieurs types de tapis, chacun ayant un design, un motif, une méthode de tissage, des couleurs et une symbolique spécifiques.
En général, ils portent le nom de la tribu d’origine qui les fabriquait. Les tapis les plus connus sont les suivants :
– Beni Ourain:
C’est le tapis amazigh le plus connu à l’international. Il est fabriqué à partir de laine naturelle, avec une base de couleur crème et des motifs géométriques en noir/marron.
Les Beni Ourain sont une tribu vivant dans les montagnes du Haut Atlas au Maroc, et sont principalement des éleveurs.
Ils sont réalisés avec la technique du nouage, ce qui donne des tapis épais qui isolent très bien.

– Azilal:
Comme leur nom l’indique, ces tapis viennent d’Azilal, dans le Haut Atlas. La base en crème est en laine naturelle, et les motifs sont en laine teintée de couleurs vives ou en coton/chutes. Ceux-ci sont souvent abstraits et combinent des symboles traditionnels amazigh. Ils sont réalisés avec la technique du nouage.

– Boucherouite:
Boucherouite provient du mot « acherouite » en tamazight, qui signifie « chiffon ». Comme l’indique le nom, ces tapis sont fabriqués à partir de chutes de tissus. Les femmes décousent des vêtements usés, des couvertures, etc. C’est pourquoi ce sont des tapis très colorés et variés en textures. Ils sont principalement fabriqués dans des régions où l’élevage est moins développé, et donc la laine est plus rare et coûteuse. Ils peuvent être faits de manière lisse, nouée ou en combinant les deux techniques.

– Hanbel:
Les tapis Hanbel se distinguent par la variété de couleurs, de symboles et de textures qu’ils présentent. Ils sont réalisés avec de la laine teintée de manière traditionnelle avec des pigments naturels, ce qui ajoute une étape supplémentaire à leur processus de fabrication.
Généralement, ils sont plutôt unis, mais certains sont tissés en combinant la technique du nouage pour accentuer les motifs symboliques. Ils sont originaires du Haut Atlas.

- Afusart design:
Chez Afusart, nous avons notre propre style de tapis, avec des designs uniques et originaux créés par Muha Tawargit. Nos tapis se distinguent par leurs motifs colorés, combinant l’ancienne symbolique amazighe. Ce sont des tapis créés en équipe : Muha conçoit les dessins, qui sont ensuite tissés par des artisannes talentueuses de la région, telles que Malika, Fatma ou Mona. Elles combinent différentes techniques pour apporter plus de texture et de détail à ces tapis.
*Voici nos tapis disponibles. Nous réalisons également des tapis sur mesure : avec la taille, le design, les couleurs et les techniques de votre choix. (LINK SHOP-TAPIS)

PIGMENTS NATURELS :
– Écorce d’oignon
– Écorce de noyer
– Peau de grenade
– Henné
– Curcuma
– Vinaigre et oxyde
– Etc.

PROCESSUS DE FABRICATION
Le processus varie en fonction du type de tapis à réaliser : qu’il s’agisse de laine naturelle ou de chutes, si la laine est teinte ou utilisée brute, etc.
1. Traitement de la laine:
– Tondre l’animal (généralement un mouton, mais aussi la laine de chèvre et de dromadaire peut être utilisée).
– Laver soigneusement la laine et la laisser sécher.
– Peigner la laine.
– Filtrer la laine pour la transformer en fil et créer des pelotes prêtes à être tissées.
2. Conception du tapis:
Pour créer un tapis, il est nécessaire d’avoir un design préalable, en particulier pour déterminer la taille et adapter le métier à tisser.
Souvent, surtout lorsqu’il s’agit d’un tapis destiné à un usage personnel, les femmes dessinent le design mentalement. Cependant, pour des motifs plus détaillés, elles le dessinent sur du papier quadrillé pour calculer les espaces.
3. Montage du métier à tisser:
Le montage du métier à tisser nécessite généralement au moins 3 personnes.
Elles utilisent des métiers à tisser verticaux très rudimentaires.
À chaque début de tapis, le métier doit être monté depuis zéro.
4. Fabrication du tapis:
C’est le moment de tisser le tapis avec le matériau choisi, en suivant le design établi.
Le temps nécessaire pour fabriquer un tapis varie en fonction du type, de la technique utilisée, du détail du design et, bien sûr, de la taille du tapis (cela peut prendre de semaines à plusieurs mois).
OUTILS NÉCESSAIRES
– Métier à tisser – Azzetta

– Peigne – Iseksa

– Rouet – Izdey

– Appareil pour aplatir la laine – Tasska

CROYANCES ET RITUELS
Dans la culture amazigh, ainsi que dans l’islam (la religion pratiquée principalement dans les pays de la Tamazgha), il existe de nombreuses croyances et rituels visant à attirer la « baraka », la chance divine.
Dans le monde des tapis, il existe aussi certains rituels, dont certains sont :
– Distribuer et manger des amandes entre les personnes présentes avant de commencer à monter le métier à tisser. Les amandes symbolisent la chance et sont partagées lors de mariages, naissances, etc.
– Pendant le montage du métier, il est interdit de passer au-dessus. On croit que si l’on traverse le métier, le tapis sera mal réalisé.